 |
Visite
de l’ église abbatiale |
Le
monastère a été bâti d’août
1019 à novembre 1025 en utilisant les pierres des carrières
de Cherlieu, nom de Saint Geniès à cette époque.
Cette construction fut possible grâce aux dons du seigneur
Gondran, dont la fille Judtih est la première abbesse du
monastère.
La vie quotidienne s’y déroule selon la règle
de St Benoît : la prière et le silence.
En 1200, le Comte de Toulouse, Duc de Narbonne et Marquis de Provence,
donne à l’abbesse le droit de suzeraineté sur
les habitants du village, signe de l’importance prise par
le monastère.
L’église abbatiale, adossée au monastère
est en partie détruite par les troupes protestantes du Duc
de Rohant. Sa restauration est ordonnée en 1636 par le roi
Louis XIII, ce qui sera partiellement fait.
La première cloche est installée en avril 1649. C’est
en 1677 que l’abbatiale est mise dans sa configuration actuelle
(pavage de la nef, construction d’un escalier menant au clocher,
pose d’un bénitier en pierre près de la porte).
En 1736, le monastère prend son rang d’abbaye. Il est
rattaché à St Félix de Montreau (Gigean). Il
sera vendu comme bien national durant la Révolution.
|
 |
L’abbatiale, construite
sur l’éperon rocheux, domine le village et permet
de le situer de loin. Pour ses habitants, le « clocher »
est un repère tant spirituel que matériel auxquels
ils sont particulièrement attachés.
Son architecture témoigne aussi bien de son imprégnation
religieuse que des vicissitudes de l’histoire. |
|
8
L’approche
en arrivant par la place de l’abbaye est déjà
riche et attirante. Jusqu’au 19ème
siècle, l’accès à l’abbatiale
se faisait par un porche situé entre le mur de l’abbaye
et la maison curiale, elle-même contiguë au cimetière
qui occupait la place du parvis avec l’espace planté
d’un olivier. Le cimetière dégagé et
transféré en 1837 et la démolition de la
maison curiale ont permis la création du vaste parvis actuel.
La tour du clocher démolie par les huguenots est relevée
en 1841 et surélevée de 15 mètres en 1861
avec installation d’une grosse cloche. |
|
|
|
|
8  |
| Un examen attentif de
l’extérieur de l’édifice témoigne
déjà de son histoire mouvementée, destructions,
reconstructions, aménagements…L’attention est
déjà attirée par les deux arcs segmentaires
en arc de paniers qui apparaissent de part de d’autre de
la fontaine. Vraisemblablement datables du 17ème siècle,
ils pourraient donner sur la crypte de l’abbatiale, et notamment,
à droite, sur l’entrée du tombeau de la famille
ESTEVE dont la chapelle intérieure dans l’édifice
est surplombante. |
|
|
|
|
|
| Sur ce mur sud apparaissent
également des vestiges de réemploi de matériaux
divers utilisés pour relever l’édifice après
sa destruction au 17 ème siècle ; élément
de frises romane, borne milliaire romaine (ou couvercle de sarcophage
?), cadrans solaires, marques de tailleurs de pierres, trace d’un
bandeau « Liberté, Egalité, Fraternité
» posé à la révolution ; et même
un phallus sculpté par un tailleur de pierre facétieux,
… |
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
| L’entrée dans l’abbatiale
se fait par une porte inscrite dans un mur du 17ème siècle
mais surmonté par un arc roman classique « en tores sur
colonnettes engagées » d’origine inconnue réemployé
ici. |
Au dessus de cette porte, le blason
de l’abbaye sur lequel figure une couronne, symbole de ses hauts
protecteurs, sous laquelle apparaît les armoiries de la première
abbesse Judith « d’azur, à une crosse d’argent
accostée de la lettre S à dextre et de la lettre G à
senestre, l’une et l’autre d’or » entourées
de palmes. On notera que s’agissant d’une damoiselle,
ses armoiries figurent sur un support en losange et non en écu.
Ce blason est une reconstitution de
celui d’origine mis à l’abri par l’abbé
ISSERT à l’intérieur de l’abbatiale. |
Cette entrée est surmontée
d’un petit clocher de style » languedocien ». |
|
|
Dès
le porche franchi, le visiteur est saisi par la sérénité
et la luminosité qui se dégage du lieu.
A gauche, à l’ouest, la nef est la partie romane
(XIème siècle) la plus ancienne de l’édifice.
Le mur nord de cette nef est étayé à
l’intérieur par deux arcs engagés, le
départ de la voûte étant souligné
pour chaque travée par une corniche décorée
par des billettes, puis par des rinceaux à palmettes.
Au dessus on peut apercevoir
quelques rangées de pierres en petit appareil vestiges
de la voûte d’origine.
|
|
|
|
A l’extrémité
orientale de ce mur, à l’angle avec le transept
nord du bâtiment d’origine, on peut voir deux arcs
plein cintre de pur roman dont les piliers portent la trace
d’une taille dite « en pierre de fougères
ou arêtes de poisson » caractéristique du
travail des tailleurs de pierres de cette époque. |
|
|
|
Au
fond de cette nef, à mi hauteur au dessus de l’orgue,
le mur porte la trace de la porte qui permettait aux nonnes
d’y descendre par un escalier. A droite, une porte romane
classique de la fin du 11ème siècle à arc
engagé et double ressaut avec corbeaux d’appui,
donne sur une dépendance.
Le mur sud de cette nef peut
être daté de la reconstruction de l’église
au 17ème siècle avec, scellé sur ce mur
le blason d’origine de l’abbatiale qui se situait
au dessus de l’entrée.  |
|
|
|
Au
pied de l’orgue et en se retournant, (photo de la nef)
le regard prend la mesure de la discontinuité entre la
partie romane de l’édifice et son prolongement
vers le chœur en style post gothique du 17ème siècle,
à voûtes d’ogives et liernes simples ou doubles
dans le chœur.
En avançant vers cette partie, à la croisée
du transept, sous les dalles d’origine de l’abbatiale
repose très certainement sa première abbesse Judith.
Sur les murs du transept de part
et d’autre du chœur il est possible d’apercevoir
les traces de peintures polychromes qui recouvraient à
l’origine tout l’intérieur de l’église.
Le mur de droite porte également, à mi hauteur
la trace de l’ouverture qui donnait sur la chaire en pierre
disparue.
Le chœur lui-même est orné d’un remarquable
retable baroque de style jésuite du 18ème siècle,
certainement réalisés par les mêmes ouvriers
ayant décorés la chapelle ESTEVE, moyennant deux
cent livres comme en témoigne une quittance datée
« à Saint Geniès, le 14 novembre 1759 »
. |
|
A gauche de l’autel,
une niche est surmontée d’une voûte
en pierre à motif de poisson et de pains, d’origine
et de date inconnue mais certainement antérieure
à cette partie de l’édifice et réemployée
ici. |
|
 |
|
|
| A gauche du chœur,
une statue de Saint Geniès curieusement en habit
du 18ème siècle. A droite lui faisant face,
une statue de Saint Pierre. |
|
|
|
|
De part et d’autre
de la nef gothique, des chapelles ont été rajoutées
postérieurement certainement financées par des grandes
familles du village ; dont celle de la famille ESTEVE (à
droite du chœur) comme le rappelle l’inscription sur
la pierre de clé de voûte,.
La concession à perpétuité de cette chapelle
a été accordée à la famille ESTEVE
aux fins d’ensevelir ses morts, par la communauté
religieuse suivant délibération du 9 mai 1757. Sous
condition de l’orner décemment, de construite un
autel, et en assurant un fond de vingt sols pour l’honoraires
de deux messes annuelles.
Le décor de style LOUIS XV montre que cette famille à
généreusement investi conformément à
son engagement ; même les colonnes de la nef ont été
entaillées et reprises au motif de coquilles Saint Jacques.
Malheureusement, la famille n’a pu jouir très longtemps
de ce privilège, la révolution de 1789 ayant interdit
cette pratique. Seuls deux ou trois grands cercueils et autant
de petits reposeraient dans le caveau. |
|
|
|
| La chapelle à gauche
du chœur est dédiée à la Vierge
et comporte des ouvertures faites pour accueillir des donations
de vitraux dont le plus moderne a été offert
à la paroisse par le Père Trophime, de Barbentane. |
|
Ces pages ont pu être
réalisées à partir :
- des textes d’André DELON dans différents
bulletins municipaux,
- du manuscrit de Jacques THEULON INSTITUTEUR à Saint Geniès
à la fin du 19ème siècle |
et avec le concours de :
- Mr Guy DUPAS, membre très actif de la paroisse,
- Mr P.A.CLEMENT, historien |
|
L'abbaye
à différentes époques |
|
|
|
|
|
|