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       JEANJEAN depuis 1757 à Saint Geniès des Mourgues

L’évolution du nom.

Le patronyme JEAN JEAN est très répandu dans la région, même à St Genies ; mais pour Jean Joseph JEANJEAN – né à St Geniès en 1913, l’évolution de son nom au travers des générations l’étonne encore.

« - Avec mon épouse Liliane, nous avons passé de nombreuses heures à rechercher dans les registres de la mairie (au point de nous y retrouver enfermé certain soir…) pour reconstituer l’arbre généalogique de la famille. »

Toujours présente à St Geniès, on trouve des signes d’un ancêtre dès le 17ème siècle ; grâce à un décret de l’assemblée nationale du 20 septembre 1792 qui transfert les registres paroissiaux à la Maison Commune pour enregistrer et contrôler l’état civil de tous les citoyens.

« - Ce nom JEANJEAN est même dans le dictionnaire, il surnommait à l’époque quelqu’un d’un peu naïf, qui croyait facilement ce qui lui était dit ; mais pour ma famille directe, il y a une autre explication »

Le plus ancien parfaitement identifié est Jean JEAN né à St Geniès des Mourgues en 1757 et décédé en 1806. Cordonnier de son état, il a eu 6 enfants, dont François JEAN né en 1781.

Là, les approximations d’état civil commencent…
« - Quand son fils né en 1826, appelé également François JEAN, est venu déclarer son fils Simon, forte de la tradition orale encore très présente dans les villages, le secrétaire de mairie à pris note que JEAN, fils de JEAN, déclarait la naissance de son fils Simon, lequel par l’effet d’une calligraphie approximative s’est retrouvé nomme officiellement Simon JEANJEAN … »

Devenu JEANJEAN, Simon a eu un fils en 1884 prénommé François, dit « Jeanjanou » lequel a eu un fils né en 1913, moi-même.

Mais nouvel avatar :
« - La famille s’était entendue pour m’appeler Joseph, mais le père de ma mère qui s’appelait Jean CAMP est venu me déclarer. Emotion du nouveau grand-père, roublardise pour imposer son propre prénom comme il était de tradition… ou distraction du secrétaire de mairie ? Ce qui a été déclaré : Jean déclare Joseph… est devenu mon état civil officiel, c'est-à-dire Jean-Joseph JEANJEAN !

Souvenirs d’école :

Elle était déjà située route de St Christol et donnait sur le préau actuel, mais encore réservée
aux maternelles et aux filles.
« Nous étions tous avec la même blouse noire ouverte sur le côté. Dans la poche, une pomme ou des châtaignes que me donnait ma mère pour le goûter. J’ai le souvenir précis d’avoir appris à compter avec des sarments de vignes qu’il fallait assembler par dix, et ensuite par paquets de dix… ». Ensuite, l’école des garçons était située dans la mairie.
Mais la discipline était stricte. « Plus tard, en classe unique de garçons de 7 à 12 ans, avec Mr JULIEN l’instituteur, comme je riais avec mon copain Jean R…, il nous a pris par le col de la chemise et nous a remonté en courant dans la salle des mariages et nous avons fait notre série de ligne comme punition.

Procès-verbal et représailles :

« Vers mes 17 ans, avec des copains du village nous sommes descendus en vélo à la fête de Castries. Ma lampe à acétylène ne marchant pas, je suis resté au milieu du groupe.
Pas de chance, à l’entrée de Castries, les gendarmes ! Pas de lumière à mon vélo, procès verbal malgré mes explications pour tenter d’y échapper.
Rien à faire. Même mon cousin Coulougnon – Maire de St Geniès à l’époque - a essayé plus tard de le faire sauter, sans succès.
Quelques temps après, le P.V. était affiché en mairie ; et le traditionnel « canon » qui y accueillait chaque visite des gendarmes a été suspendu….

Le ressentiment avait surmonté la convivialité !

Peintre et peintre :

« Comme j’avais quitté St Geniès et mon travail à la vigne pour l’école des Beaux Arts à Paris, en 1930 (voir dans Saint Geniès, Village d’Art : Jean Joseph JEANJEAN – la sculpture sillon d’une vie) ; les connaissances du village m’avaient surnommé « le peintre ». Et à chaque séjour pour les vacances, le « peintre » que j’était devenu était sollicité pour coller du papier peint, refaire la peinture des portes ; travaux bien éloignés de ma formation et de mon attirance pour la sculpture, mais services que je rendais avec beaucoup de plaisir.
J’ai quand même pu réaliser l’enseigne du café « Maurice » - situé à l’époque sous le porche à côte du Café de France – représentant trois boules et deux queues de billard.
Pour le boulanger qui m’avait demandé le même service, j’ai réalisé ma première gravure sur pierre au dessus de sa porte « boulanger », et j’en étais très fier.
La disparition du café Maurice et la première modernisation de la boulangerie ont fait disparaître ces premières œuvres, et la photographie n’était pas encore répandue…

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