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Vers le rétablissement du taureau à la corde ?

Dans Midi Libre du 9 mars 2004, un long article entretien l’espoir des amoureux de cette tradition. Il rappelle que le « taureau à la corde », pratique enracinée depuis le début du 19ème siècle dans nos villages, a été interdit par un arrêté préfectoral datant du 11 avril 2000 suite à l’action de la fédération de liaison anti-corrida, mais sans aucune autre concertation.
Amateur de course camarguaise et de traditions taurines, le député J.P.GRAND a décidé de contacter les élus locaux concernés suite à cette décision; et avec l’aide des fédérations et autres clubs concernés, une « charte de bonne conduite » a été élaborée et vient d’être envoyée au Préfet actuel avec l’espoir « qu’il rétablira le taureau à la corde ».
Cette charte comporte sept points quant au respect de l’animal, sur le temps et les conditions de sortie, sa durée, le contrôle vétérinaire, les règles d’attache de la corde.

Les cinq villages héraultais : Baillargues, Candillargues, Lansargues, Lunel-Viel et St Geniès des Mourgues attendent avec impatience le résultat de cette démarche. A suivre….

Par courrier du 21 octobre 2004 adressé au préfêt de l'Hérault, Jean Pierre Grand renouvelle sa demande de rétablissement de la pratique dite "du taureau à la corde" qui pourrait désormais porter le nom de "taureau à la bourgine", terme encore très usité en Provence. Une nouvelle copie du projet de charte de bonne conduite est jointe à ce courrier.

Par courrier du 18 octobre 2006, Jean Pierre Grand, député - maire sollicite Dominique Bussereau, ministre de l’Agriculture et de la Pêche pour le rétablissement de la pratique du taureau à la corde dit "à la bourgine" suivant la charte de bonne conduite.

W'Hebdo remercie Messieurs le Député Jean Pierre GRAND et Michel BARRAL assistant parlementaire pour la communication de ces documents.

CHARTE DE BONNE CONDUITE CONCERNANT LA PRATIQUE DU « TAUREAU A LA BOURGINE»

I - RESPECT DE L 'ANIMAL

- Un accord préalable entre le manadier et les organisateurs déterminera l'achat ou la location du taureau.
- Le nombre de taureaux réservés sera fonction du nombre de jours de sortie; au minium deux taureaux (permettant au taureau de se reposer entre deux sorties).
- Le temps de sortie du taureau est fixé au maximum à 1 h 30 avec une seule sortie pour la journée.
- Le taureau ne sortira pas en cas d'intempéries (risques de glissade sur le goudron).
- Les conditions d'hébergement du taureau seront décentes; un contrôle vétérinaire à la charge des organisateurs devra impérativement avoir lieu le premier et le dernier jour de la fête.
- La corde sera attachée à un licol afin qu'elle ne soit pas directement au contact du cou du taureau.
- Les taureaux d'encierros seront choisis prioritairement car parfaitement habitués à la « pratique » du goudron.

II -SECURITE DES SPECTATEURS

- Les cornes du taureau seront obligatoirement gainées de cuir.
- La manifestation taurine fera l'objet d'un arrêté municipal diffusé par voie de presse, par des communications sonores dans le village, et une « bombe » signalant le début et la fin de la manifestation comme cela se pratique lors des abrivados et des bandidos.


Les mesures concrètes et facilement contrôlables contenues dans cette Charte garantissent la sécurité des spectateurs et le respect de l'animal.

Cette Charte a été formalisée par :
- Les maires des communes de Baillargues, Candillargues, Lansargues, Lunel-Viel et Saint Geniès des Mourgues.
- La Fédération Française de la Course Camarguaise représentée par son Président
- Des représentants des clubs taurins.
- Des manadiers
- L'Association intercommunale de défense des traditions taurines.

Tradition dite du "Taureau à la Corde". Jean Pierre Grand, Député de l'Hérault, maire de Castelnau le Lez.

On peut partager et défendre les valeurs des traditions locales et garder un esprit de tolérance,
d'ouverture et de respect des convictions de chacun ...

NIMES : " Dessine-moi un mouton " ? Non ! " Raconte moi "une corrida » !

Dans les écoles publiques, la " culture ", à Nîmes, passe par la corrida, comme le dénonce Claire Starozinski, présidente de l'Alliance pour la suppression des corridas : " Tous les établissements scolaires (maternelles, primaires, collèges et lycées) du Gard ont reçu un courier les informant de la réouverture des ateliers pédagogiques organisés par la municipalité nîmoise. Parmi les différents thèmes proposés figure, pour les primaires, un sujet sur la corrida au titre évocateur, "Raconte-moi la corrida ", avec introduction à l'élevage espagnol et à la corrida par la lecture d'une histoire. Pour les collèges sont proposées la création en volume d'une arène et la mise en place des différents acteurs de la corrida. Ne pensez-vous pas que nos enfants sont déjà assez confrontés à la violence, qu'elle soit urbaine ou télévisuelle, et qu'elle ne devrait pas être évoquée de façon insidieuse au sein des établissements scolaires, où les valeurs de tolérance sont enseignées ? Vous pouvez donner
votre avis au responsable des choix de ces ateliers à ce sujet : musee.taureau@ville-nimes.fr »
L'Alliance contre CPNT : c'est gagné !
Le 11 avril 2000, à la requête de l'Alliance pour la suppression des corridas, le préfet de l'Hérault a pris un arrêté interdisant la pratique du "taureau à la corde " dans cinq communes de l'Hérault: Saint-Géniès-des- Mourgues, Lansargues, Baillargues, Candillargues et Lunel-Viel. Traîné au bout d'une corde dans les rues des villages, le taureau subit diverses formes d'agressions auxquelles il ne peut échapper, gêné dans ses mouvements par la corde au niveau du cou et des cornes, et pouvant entraîner des blessures. Ce " spectacle " avait déjà été interdit en juin 1966 par arrêté préfectoral dans les Bouches-du-Rhône et en mars 1976 dans le Gard, cc les animaux devant être libres de toute entrave ». Malgré ces souffrances avérées, les cinq communes concernées ainsi que,CPNT (Chasse Pêche Nature Traditions) ont introduit le 20 novembre 2000 un recours auprès du tribunal de Montpellier, demandant l'annulation de l'arrêté du 11 avril. Le 2 mars 2004, malgré les pressions de Jean-Pierre Grand, député maire de Calstelnau-le-Lez, le tribunal a rejeté ces requêtes et admis l'intervention volontaire de l'Alliance dans le dossier, considérant cc qu'il ressort des pièces et notamment des témoignages produits » par l'association que " le jeu interdit par l'arrêté préfectoral contesté [...] est constitutif de troubles de nature à compromettre l'ordre public ". Espérons que les électeurs en tiendront compte dans leurs votes aux régionales... LUCE LAPIN
Alliance pour la suppression des corridas, B.P. 85, 30009 Nîmes
Cedex 4. Tél. et fax: 04 66 64 22 97.
Site: http://www.anticorrida.org lucelapin@char1iehebdo.fr

ORIGINE DU TAUREAU A LA CORDE
Avant 1850. Parfois, certaines petites communes désargentées font courir le taureau à la corde ne pouvant pas organiser de course, même en ayant recours à la souscription; dans ce cas les jeunes gens jouent avec le taureau qu'ils tiennent avec une corde; le taureau s'épuise généralement. Si l'on recherche bien, ce n'est pas seulement un jeu, comme on pourrait le croire. Il faut savoir que les bouchers organisent pour les fêtes, une souscription parmi la population du pays; chaque souscripteur s'engage à acheter une certaine quantité de viande à un prix défini à l'avance. Le boucher achète le taureau Camargue qui est âgé généralement de plus de douze ans; la texture de la viande du taureau Camargue est filandreuse, car elle est le résultat de privations (faim et soif) qu'il subit dans les lieux de pacage. Comme sa chair ne vaut pas celle des bœufs ordinaires, qu'ils soient de Lozère ou du Gévaudan, il faut faire courir le taureau Camargue avant de l'abattre, c'est la raison pour laquelle le taureau à la corde est en usage en Camargue Languedocienne, tout comme en Camargue Provençale où il prend le nom de taureau à la bourgine. M Crespon publie, en 1844, un livre sur la faune méridionale, dont je tire cet extrait: «Le Bœuf Camargue travaille jusqu'à l'âge de 10 à 12 ans ; c'est alors qu'en le laissant se reposer dans les pâturages il s'engraisse, après quoi on le vend aux bouchers; mais sa chair ne vaut jamais celle des bœufs ordinaires, et on a toujours soin, avant de le tuer, de le faire plus ou moins courir.»

Photo Lawrence Perquis
Faire courir un taureau à la corde représente donc une nécessité alimentaire, avant d'être un jeu.
Les gens jouent avec le taureau, puis le boucher l'abat et le dépèce, ensuite il remet aux souscripteurs le nombre de kilogrammes de viande correspondant à leur versement. Le taureau à la corde représente en quelque sorte un jeu tragique avec l'animal, puisqu'il est ensuite consommé par les souscripteurs. Cette usage de faire courir le taureau que l'on mène à l'abattoir est déjà attestée en 1804 à Nîmes où les habitants du quartier de la Placette font courir les taureaux destinés aux égorgeoirs.
Le commissaire de police qualifie ce jeu de «rassemblement tumultueux», peu après le préfet prend un arrêté d'interdiction, (se référer au chapitre Il, les interdictions du début du XIXème siècle).
Les courses de taureaux occasionnent de grands rassemblements de populations. L'autorité en est informée rapidement et peut interdire la course en envoyant les forces de police nécessaires, bien que ce ne soit pas toujours dans le domaine du possible.
Le taureau à la corde est un jeu, au même titre que la course, pratiqué avec un taureau ou une vache, généralement acheté grâce à une souscription.
Les gens désirant de la viande fraîche souscrivent auprès du boucher l'achat d'une bête; les jeunes gens font courir le taureau dans le village, ensuite le boucher l'abat, le dépèce et répartit la viande entre les souscripteurs.
Faire courir un taureau à la corde est une coutume dont le but est alimentaire, mais c'est aussi un jeu qui prend de court le maire et la force publique, car c'est un jeu impromptu et rapide auquel peu de personnes participent, tout au moins au début, puis le nombre de participants augmente au fur et à mesure qu'ils voient passer l'animal et au bout de deux ou trois heures la course est terminée. Les participants se retirent, heureux d'avoir joué avec l'animal qui est conduit vers l'égorgeoir du boucher.
Le maire d' Aigues- Vives est confronté à ce dilemme, cal les communes voisines, cinq ou six, laissent courir les taureaux à la corde dans leurs pays ce qui oblige «les autorités locales, au lieu de chercher à faire respecter les arrêtés, à rester indifférentes, de peur de trop heurter ses administrés».
Les maires des communes environnantes ont donc laissé courir des taureaux à la corde, malgré l' interdiction pourtant réitérée le 28 juillet 1842, mettant en porte à faux ceux qui sont désireux de faire respecter l'autorité préfectorale. La lutte larvée qui se poursuit sape l'autorité des maires et la crédibilité du préfet; les actes de justice établis à l'encontre des fermiers ne sont pas suivis d'effets, car «l'impunité de ceux, qui malgré les procès-verbaux des autorités compétentes ont échappé à la justice achève le désordre.». Dans des conditions pareilles, comment un maire peut-il être obéi de ses administrés? Surtout quand l'autorité administrative supérieure se trouve dans l'impossibilité de faire exécuter ses arrêtés.
Le maire propose de légaliser les taureaux à la corde à nouveau, et ce, à titre préventif. Il veut, par le biais de cet amusement qu'il juge de peu d'importance, rétablir un semblant d'autorité municipale, car écrit-il «une fois que l'autorité est entamée, il y a crainte qu'elle soit entièrement méconnue».
Le maire connaît bien ses administrés, aussi commence-t-il sa lettre par ce préambule: «Il n'y a aucune concession à faire, quand on prend cette pente funeste, la chute est certaine.», préambule prophétique écrit en 1842, qui prouve que le maire d' Aigues- Vives en faisant respecter les arrêtés préfectoraux, fait partie de ces maires à propos desquels le Ministre de l'Intérieur en 1844 dit «l'impopularité les a tués». La lutte engagée par le Préfet du Gard, M. le Baron de Jessaint, est perdue d'avance, mais ses effets sont préjudiciables à tous les fonctionnaires publics qui veulent faire respecter les arrêtés. En obéissant au préfet, plutôt qu'aux conseils taurins de leurs administrés les maires font un mauvais choix et fragilisent la fonction qu'ils exercent.
Patrick Bruguière « Une tradition régionale, les origines de la course libre 1800-1852.
L'interdiction d'une tradition vieille de 150 ans n'avait jamais été prononcée. un arrêt d'interdiction de la tradition du taureau à la corde est pris par le préfet, le 4 avril 2000.
Les maires de Lunel-Viel, Baillargues, Candillargues, Saint-Brès, Lansargues et Saint-Géniès-des-Mourgues vont se retrouver au tribunal administratif pour défendre cette tradition.
« Le préfet de l'Hérault a décidé d'interdire sur l’ensemble du département le jeu du « taureau ou vachette à la corde » . Cette pratique comporte un caractère indiscutable de mauvais traitement et d'actes de cruauté envers les animaux. La répression de tels actes est prévue à la fois par les dispositions du code pénal (art. 521-1, R 653-1, R 654-1 et R 655-1) et du code rural (art. 276). En conséquence, lors des manifestations taurines à cararactère traditionnel, les animaux lâchés sur la voie publique ou dans les arènes doivent être libres de toute entrave »
Cette décision a été prise par le préfet, le 4 avril 2000, pour des raisons de maltraitance de l'animal ce à quoi les défendeurs de traditions camarguaises s'opposent, puisque le taureau à la corde représente un véritable culte que l'on associe à toutes les manifestations locales.
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