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Voyages
et Voyageurs d'autrefois |

| Il suffit de soleil, de chaleur, ou de ciel bleu... et les vacances ne sont pas bien loin ! Qui dit vacances pense souvent voyage, et s'il est facile de voyager en 2002 quelque soit la distance, cela n'a pas été le cas de tout temps. Le livre de Jean et Françoise Fourastié en témoigne. Son titre : Voyages et Voyageurs d'autrefois, paru aux éditions Denoël en 1972 |
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Quelques chiffres :
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Durée des voyages,
Paris-Toulouse 713 km : 30 jours en coche, 1650. 11 jours en cabriolet-berline, 1750. 14 jours en roulant jour et nuit, 1800. 3 jours, 1840. 31 heures en chemin de fer, 1851. 15 heures en chemin de fer, 1891. 1 heure en avion, 1970.... |
De Paris à Lyon : 18 jours, avec des relais de "bufs" prévus pour les passages difficiles, 1555.
De Paris à Tokyo en avion : 147 heures en 1924 avion Breguet par la route du sud (15 900 km). 27 heures 30, en 1950 Boeing 707. 19 heures, en1964 par Anchorage ( 13 450 km ). 13 heures 45, en 1970 par la route sibérienne. |
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Vitesses des voitures hippomobiles sur longue distance :
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Prix du voyage Paris-Toulouse (Les auteurs ont calculé le prix en heures de salaire moyen pour chaque époque ): En voiture personnelle attelée de chevaux de poste : l'équivalent de 4 960 heures de travail entre 1725-1755 par cabriolet avec deux chevaux pour deux voyageurs et un postillon, contre 2 000 heures entre 1756-1840. En voiture publique : 1 360 heures de travail en 1785 par diligence , et 935 heures en 1827 par la malle-poste. En chemin de fer : 230 heures de travail en 1841, et en 1970 17 heures. Par avion : en 1919 il faut compter 1 500 heures de travail.
Véhicules utilisés :
Au 17° siècle la voiture publique est le Coche, sans ressort ni suspension il est originaire de Hongrie. A grande vitesse il prend le nom de Coche de diligence, puis deviendra simplement Diligence. A cette époque le Carrosse est la voiture particulière de luxe. Vers 1660 apparaît une petite voiture moins lente et plus confortable que le Coche : la Chaise de poste, d'origine anglaise, son châssis est suspendu au-dessus des essieux par de véritables ressorts. Le Cabriolet est une chaise particulièrement légère parfois à deux roues seulement. La Berline, voiture publique est souvent louée à un seul client. En 1775, Turgot fit construire un nouveau type de diligence baptisée Turgotine, voiture de 4 à 8 places tirée par 6 à 8 chevaux.
Textes d'auteurs tirés de leurs correspondances, de leurs mémoires, relatants leurs voyages et bien souvent leurs déboires : |
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Gérard de Nerval dans une Chalonnaise, et Stendhal en calèche, |
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George Sand en diligence
Montaigne et Mérimée à cheval |
La
Fontaine en carrosse, et Chateaubriand sur une selle de mamelouk... |
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Théophile Gautier sur sa mule |
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Madame de Sévignée et sa litière,
Victor Hugo en bateau vapeur, Lamartine sur un navire, et Racine dans un vaisseau, |
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| Montaigne à Rome : Montaigne était un excellent cavalier . Dés l'âge de 45 ans il ressent les premières atteintes de la gravelle. Mais à cheval il oubliait son mal, pour lui : le cheval est le mieux suspendu des véhicules de son temps. Son voyage pour Rome 1580 à 1581 se fait par étapes de dix heures au maximum, elles ne dépassent pas neuf lieues. Le 2 novembre 1581 il écrit : " J'ai passé le Mont Cenis moitié à cheval, moitié sur une chaise portée par quatre hommes avec quatre autres qui se relayaient. Ils me portaient sur leurs épaules. La montée est de deux heures pierreuses et mal aisée à des chevaux qui n'y sont pas accoutumés..."
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| La Fontaine en Limousin : Dans une lettre à sa femme du 25 août 1663, il évoque son voyage de Paris en Limousin : " ...Nous partirons demain et nous irons prendre au Bourg-la-Reine la commodité du carrosse de Poitiers qui y passe tous les dimanches. Là se doit trouver un valet de pied du Roi qui a ordre de nous accompagner jusqu'à Limoges." 30 août 1663 : " ...Le carrosse passât : le valet de pied y était ; point de moines, mais en récompense trois femmes, un marchand qui ne disait mot, et un notaire qui chantait toujours et qui chantait très mal : il reportait en son pays quatre volumes de chansons..." 19 septembre 1663 : " Poitiers est ce qu'on appelle proprement un village qui tant en maisons que terres labourables peut avoir deux ou trois lieux de circuit, ville mal pavée, pleine d'écoliers, abondante en prêtres et en moines."
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| Madame de Sévigné et le Rhône: 1672 : à cette époque la meilleure voiture, la plus commode, est le carrosse, celui de Madame de Sévigné avait six chevaux. Dans une lettre du 20 décembre 1672 elle écrit : " ... hier au soir, en menant abreuver mes chevaux, il s'en noya un, de sorte que je n'en ai plus que cinq... M de Grignan m'a parlé si sérieusement de la témérité de mon entreprise : que mon muletier ne suivrait pas ma litière, que mes mulets tomberaient dans les fossés, que nos gens seraient mouillés... qu'en un moment j'ai changé d'avis et j'ai cédé entièrement à ses sages remontrances. Ainsi coffres qu'on rapporte, mulet qu'on dételle... et messager que l'on envoie... ... Il y a aussi un chemin qu'on nous fit prendre par le Rhône. Je descendis, mes chevaux nagèrent, et l'eau entra jusqu'au fond du carrosse ! ... Derniers jours de mai 1680 : nous avons trouvé des chemins fort raccommodés de Nantes à Rennes... les pavés sont devenus impraticables, les bourbiers sont enfoncés... Enfin, voyant que nous ne voyions rien, et qu'il fallait tâter le chemin, nous envoyâmes demander du secours...
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| Jean Racine à Uzès : Lettre envoyée 11 novembre 1666 à La Fontaine d'Uzès : A Lyon je suis resté deux jours avec deux mousquetaires de notre troupe qui étaient de Pont-Saint-Esprit. Nous embarquâmes dans un vaisseau tout neuf et bien couvert que nous avions retenu exprès avec le meilleur patron du pays ; car il n'y a pas trop de sûreté de se mettre sur le Rhône qu'à bonne enseignes... Nous fûmes deux jours sur le Rhône et nous couchâmes à Vienne et à Valence. J'avais commencé dès Lyon à ne plus guère entendre le langage du pays et à n'être plus intelligible moi-même. Ce malheur s'accrût à Valence, et Dieu ayant voulut qu'ayant demandé à une servante un pot de chambre, elle mit un réchaud sous mon lit. Vous pouvez imaginer les suites de cette maudite aventure, et ce qui peut arriver à un homme endormi qui se sert d'un réchaud dans ses nécessités de nuit.
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| René de Chateaubriand en Turquie : En Turquie il écrit : Vous êtes assis sur des selles de mameloucks dont les étriers larges et courts vous plient les jambes, vous rompent les pieds, et déchirent les flancs de votre cheval. Au moindre faux mouvement, le pommeau élevé de la selle vous crève la poitrine, et vous vous renversez en arrière, le haut rebord de la selle vous brise les reins... Les courses sont de huit à dix lieues avec les mêmes chevaux. Des chaussées turques de deux pieds et demi de large servent à traverser les terrains bas et marécageux, comme il n'y a pas une seule voiture à roues dans cette partie du Péloponnèse, ces chaussées suffisent aux ânes des paysans et aux chevaux des soldats.
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| Victor Hugo en Normandie et en Belgique : ... me voici à Evreux. Je voulais repartir ce matin pour Paris par la diligence de Cherbourg qui passe à huit heures. Mais pas une place là comme ailleurs. Je suis donc réduit aux petites voitures qui sont bien lentes, mais tu sais que j'aime cette manière de voyager qui laisse tout voir 26 juillet 1835 Montereau : Je suis parti hier matin à sept heures par le bateau à vapeur... fort contrarié de ne pas trouver de voiture, et ne sachant pas encore en ce moment si je partirai dans une heure pour Sens par la diligence ou demain matin en cabriolet pour Provins. J'ai affaire à d'affreux loueurs de voitures qui font tout ce qu'ils peuvent pour me rançonner. Mais je me défends. 1837 en Belgique : A Malines, le chemin de fer passe. Je suis allé le voir ... C'est décidément très beau. Le premier que j'avais vu n'était qu'un ignoble chemin de fabrique. C'est un mouvement magnifique et qu'il faut avoir senti pour s'en rendre compte. La rapidité est inouïe. Les fleurs du bord du chemin ne sont plus des fleurs, ce sont des taches ou plutôt des raies rouges ou blanches ; plus de points, tout devient raie ; les blés sont de grandes chevelures jaunes, les luzernes sont de longues tresses vertes ; les villes, les clochers et les arbres dansent et se mêlent follement à l'horizon... Il faut beaucoup d'efforts pour ne pas se figurer que le cheval de fer est une bête véritable. On l'entend souffler au repos, se lamenter au départ, japper en route... Il jette tout au long de la route une fiente de charbons ardents et une urine d'eau bouillante
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| Stendhal Vienne, Avignon, Nantes, Marseille : Vienne le 9 juin 1837 : Me voici arrivé à Vienne par une route abominable, toute de montées et de descentes; deux ou trois fois ma pauvre petites calèche a été sur le point d'être brisée par des énormes charrettes à six chevaux venant de Provence. Avignon le 12 juin 1837 : ... à trois heures sonnantes on amarre un peu au dessus des ruines du fameux pont d'Avignon ce bateau qui, ce matin à cinq heures, a quitté Lyon... le bateau arrête fort souvent pour prendre des voyageurs, et l'on ralentit un peu sa marche au moment où l'on glisse sous une foule de jolis ponts suspendus. Nantes le 25 juin 1837 : Rien de plus désagréable en France que le moment où le bateau à vapeur arrive ; chacun veut saisir sa malle ou ses paquets et renverse sans miséricorde les montagnes d'effets de tous genres élevées sur le pont. Tout le monde a de l'humeur, et tout le monde est grossier... Marseille 1837 : Depuis qu'en 1832 la navigation à vapeur s'est introduite en Méditerranée, on n'a pas songé à modifier les règlements de quarantaine bien antérieurs à cette époque. Le but de la navigation par la vapeur est de faire voyager vite ; on arrivera en dix jours de Constantinople à Marseille ; mais en arrivant, le bureau de Santé vous met en prison pour un mois sur un rocher désolé.
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| Alphonse de Lamartine départ pour l' Orient : 13 juin 1832 à Marseille : Nous avons été visiter notre navire, il est distribué en petites cabines où nous avons place pour un hamac, et pour une malle... Comme la saison est belle on mangera sur le pont, sous une tente dressée au pied du grand mât. Une bibliothèque de cinq cent volumes tous choisis dans les livres d'histoire, de poésie ou de voyage, c'est le plus bel ornement de la plus grande chambre
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| Théophile Gautier en Andalousie : La mule qu'on m'avait assignée pour monture était rasée à mi-corps, ce qui permettait d'étudier sa musculature aussi commodément que sur un écorché. La selle se composait de deux couvertures bariolées, pliées en double pour atténuer autant que possible la saillie des vertèbres et la coupe en talus de l'épine dorsale... Dans une diligence on n'est plus un homme, l'on devient un objet inerte, un ballot ; vous ne différez pas beaucoup de votre malle
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| George Sand vers Nohant : En 1847 : Aujourd'hui nous allons de Nohant à Paris en dix heures... en 1796 il fallait huit ou dix jours. Les diligences de Châteauroux à Orléans étaient d'affreuses pataches...trainées par trois chevaux qui allaient le trop. Ce sont des enragés de la première espèce. Le cocher, encore plus enragé qu'eux, trouva plaisant, en descendant de la montagne d'Étampes, de les laisser courir. La voiture les poursuivait et eût été tout aussi vite sans eux. Nous ne roulions pas, nous étions précipités. Les uns juraient, les autres voulaient descendre. Une élégante en perruque blonde soutenait qu'elle allait mourir de peur. Traverser la forêt d'Orléans : Les vols et les meurtres y étaient très fréquents et on avait une singulière façon de les compter et de les signaler aux voyageurs. Quand les brigands étaient pris, jugés et condamnés, on les pendait aux arbres de la route, à l'endroit même où ils avaient commis le crime : si bien qu'on voyait ici de chaque côté du chemin, et à des distances très rapprochées, des cadavres accrochés aux branches et que le vent balançait sur votre tête. Quand on faisait souvent la route on connaissait tous les pendus, et chaque année on pouvait compter les nouveaux... Je me souviens d'y avoir vu, un hiver, une grande femme qui est restée entière fort longtemps, et dont les longs cheveux noirs flottaient au vent, tandis que les corbeaux volaient tout autour d'elle pour se disputer sa chair. C'était un spectacle affreux et une infection qui vous suivait jusqu'aux portes de la ville
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| Gérard de Nerval vers Genève : En 1843 : A dix heures du soir le courrier arrive. Pendant qu'il soupe, l'on me conduit, pour marquer ma place, dans la remise où était sa voiture. O surprise ! C'était un panier. Oui un simple panier suspendu sur un vieux train de voiture, excellent pour contenir les paquets et les lettres, mais le voyageur y passait à l'état de simple colis. Une jeune dame en deuil et en larmes arrivait de Grenoble par ce véhicule incroyable, je dus prendre place à ses cotés. L'impossibilité de se faire une position fixe parmi les paquets confondait forcément nos destinées : la dame finit par faire trêve à ses larmes qui avaient pour cause un oncle décédé à Grenoble. Elle retournait à Ferney, pays de sa famille. Nous causâmes beaucoup de Voltaire. Nous allions doucement, à cause des montées et des descentes continuelles. Le courrier, trop dédaigneux de sa voiture pour y prendre place lui-même, fouettait d'en bas, le cheval qui frisait de temps en temps la crête des précipices. La Chalonnaise... C'est la doyenne des voitures de France. Au relais suivant, je descends pour examiner cette uvre de haute antiquité. Elle est peut être aujourd'hui la seule voiture de France qui ne soit pas suspendue
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| Prosper Mérimée en Espagne : Grenade le 8 octobre 1830 : Vous savez que j'attache quelqu'importance à un bon dîner. Il est bon que vous sachiez d'abord que, dans une auberge espagnole, on trouve assez souvent du pain et de l'eau, mais pas autre chose. En conséquence, nous étions obligés d'acheter notre dîner d'avance. Souvent j'ai porté en croupe un coq vivant dont je devais dîner le soir. Il ne fallait rien moins que l'appétit que donne l'air des montagnes pour me rendre insensible au sort de cet infortuné volatile... le tout étant censé cuit, on sert la poêle sur une petite table haute de deux pieds... et le muletier, son garçon et moi, mangeons à la gamelle, chacun armé d'une petite cuillère de bois fort courte. Le muletier était le plus sale cochon de l'Andalousie, mais il serait inutile ou plutôt il serait indécent et extravagant de demander une assiette à part, ou de prier que l'on servit les cheveux séparément pour l'usage de ceux qui les aiment.
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| Conseils donné par le Guide Bleu de 1932 pour la Grèce : Les vêtements seront en laine souple, plutôt gris.. Comme coiffure on recommande généralement le feutre gris ; on peut utiliser le chapeau de toile blanche. Le plus souvent on usera de l'hospitalité bénévole de l'habitant. On couche là souvent sur un matelas ou un tapis posé à terre... On peut être exposé à dormir dans l'unique pièce de la maison, avec toutes les personnes de la famille, y compris les enfants et les chats, et l'on ne s'impatientera pas de la curiosité innocente des gens. Le mulet grec est une bête admirable, qui passe sur des chemins en corniche où l'homme glisserait et aurait le vertige. On doit s'en remettre à lui, en toute confiance, et ne pas le contrarier sans raison...exigez un conducteur par monture et qui doit la guider... On apprendra vite le vocabulaire compris de toutes les bêtes en Grèce... et un cri particulier pour les faire arrêter. Inutile de vouloir retenir une monture qui veut boire : mais si c'est au milieu d'une rivière, veillez à ce qu'elle ne se roule pas dans le courant pour noyer ses mouches. |
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