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la gare de Saint Geniès
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 la Gare
Reganhat
Sources : bulletin municipal juillet 1994.
LA GARE, UN POLE D'ATTRACTION DISPARU

Plan des Cafés, Place de l'Abbaye, Promenade, Coste, Gare marquaient les rendez-vous des Saint Geniérois.
Avec la Charte de 1842, qui organise la réalisation d'un programme national des chemins de fer, les Conseils Municipaux successifs auront à se prononcer sur les divers tracés proposés par des Compagnies privées.

1840 - La Chambre de Commerce de Montpellier demande au Préfet de projeter la ligne Nîmes-Montpellier, aux frais de l'Etat.

1844 - Le Conseil Municipal est convoqué en séance extraordinaire par M. Coulougnon, Maire. Il doit donner son avis sur le tracé Montpellier-Nîmes.
Il est favorable à la quatrième station près de Valergues, car cela éviterait le charroi des récoltes jusqu'à Lunel, Montpellier ou Cette.

1856 - Le Conseil Municipal donne un avis favorable à la construction des gares sur le chemin n° 21.
1861 - Suite à une demande du Maire de Lunel sur le tracé du Chemin de Fer d'Aigues-Mortes, qui doit se joindre à la ligne ferrée du Midi par Lunel, Gallargues, ou Aigues-Vives, le Conseil opte pour l'embranchement de Lunel.
En effet, une partie des marchandises de St Geniès s'écoule par le port d'Aigues-Mortes au moyen du Canal de Lunel. Le chemin de fer rapprocherait ces transports de 5 km.

1862 - Projet d'une ligne Rodez-Méditerrannée. Deux tracés sont à étudier:
Milhau-Montpellier par le Vigan et Grand-Gallargues, ou Milhau-Lodève-Agde-Montpellier.

Le Conseil émet le voeu que le chemin de fer traverse l'Hérault. Il aimerait voir prolonger la ligne jusqu'à Marseille par le littoral.
Dès 1866 et pendant 16 ans, le chemin de fer sera au centre des préoccupations des St-Geniérois, car l'événement est d'importance. En effet, le Conseil Général décide la création d'un chemin de fer d'intérêt local de Montpellier à Sommières, soit 34 km 800.
Le tracé projeté, dont il reste aujourd'hui la trouée, n'a pas l'agrément de la Municipalité Radier.
A la lecture de toutes les délibérations, on constate l'importance que revêtait l'exploitation des carrières de pierres de taille.
Le souhait de la Municipalité était, qu'après avoir desservi la Pierre Bleue de Castries, on devait remonter la rive gauche du Bérange, passer entre le ruisseau Garonne et Ginestet, positionner la Gare à un croisement du CD 21 et de la ligne projetée sur la rive du Bérange la plus proche de St Geniès.
L'intense trafic de pierres de construction motive les élus qui s'engagent à fournir en dix annuités un contingent de 5.220 F et à céder gratuitement les terrains communaux.
1872 - Une Compagnie présente la construction d'une voie Montpellier-Sommières : traverser St-Geniès ou s'en éloigner côté Nord.
Avant que le Conseil Général ne prenne une détermination définitive sur le tracé, le Conseil Municipal émet un avis original: il souhaite une trouée traversant les carrières de Castries et de Sussargues, passant par le Bérange en amont du Pont de Fontmagne, entrant dans les Carrières de St-Geniès, Beaulieu, Restinclières, s'inclinant à l'Est, se jetant dans la Carrierasse au Nord de St- Geniès, se dirigeant en ligne droite vers Boisseron, évitant le passage de la Bénovie. Par ce voeu, le Conseil Municipal rejette le projet Nord à hauteur de Gallargues.
Encore une fois, on a le souci de desservir les carrières susceptibles d'extension, et les productions agricoles, sans toutefois y attacher autant d'importance.

Si ce tracé est retenu, la Mairie s'engage à payer les terrains occupés sur la Commune, à verser 10.000 F pour le lancement et réserver encore 10.000 F si besoin était. Dans le cas contraire, elle estime la ligne inutile pour la Commune
et n'engagera aucun frais.

1873 - Un projet intéresse St-Geniès. la Compagnie Paris-lyon-Méditerranée propose une ligne Sommières-Baillargues qui se raccorderait à la grande ligne remontant la rive droite du Rhône.
Un autre projet est proposé par la Compagnie Michel, concessionnaire du chemin de fer d'intérêt local pour le Département. Il élude les intentions du Conseil Général en s'écartant de notre village à tel point que la station appelée
St-Geniès se trouverait sur le territoire de Sussargues.
Finalement, le Conseil Général se prononce pour le passage dans St-Geniès. Bien du temps, bien des projets, de réunions, bien des passions pour la construction de cette ligne.

1881 - La ligne est tracée sur le terrain (voir cadastre). Le bâtiment de la gare est construit.
Il est situé au km 736,400 sur l'axe de Paris par les Cévennes. La gare devient un "monument" et une porte d'entrée de St-Geniès.
On s'aperçoit alors, et cela avait échappé à l'Enquête Publique, que l'entrée de la gare est mal positionnée. En effet, on sera obligé de suivre le CD 21 et de se retourner en suivant un angle aigu pour revenir au bâtiment. On va raccourcir par la partie délaissée, à cette époque un cloaque du CV no6 dit "des prés". Quelques marches d'escalier sur le remblai et voici créée la Rue de la Gare. On va réclamer à la Compagnie des châssis en pierres pour retenir les terre~ aux ponts des Coustoulis et des Fonts Rouges.
La Municipalité fait sauter ces ponts devenus des obstacles aux gros engins agricoles.

On va réclamer aussi des chemins latéraux aux passages à niveau de Sautadous et Fournigues. Trois passages à niveau étaient gardés :
Missargues sur le chemin du Puits Communal et de l'ancienne route de Lunel, dont il reste quelques assises.
Fournigues, marche forcée pour les enfants scolarisés, Fournigues, où une mule fut séparée de son charreton par l'autorail.
La Maisonnette de la Gare, aujourd'hui restaurée, siège de "charbonnages" pendant les fêtes votives.

1882 - La ligne "Les Mazes-Sommières-St Cézaire" est inaugurée le 30 octobre 1882 avec le Conseil Municipal au complet: Roussille, maire, Lange, Leydier, Guiraud, Vassal, Lavabre, Bouscaren F, Parat, Bouscaren J, Rouvière H, Coulougnon P, Rouvière F.
Le Maire demande alors que la Cie Paris-lyon-Méditerranée, adjudicatrice, établisse des billets à moitié prix!

1 903 : La dernière délibération municipale sur les chemins de fer aura pour objet un voeu de construction d'une ligne passant par Souvignargues Montpezat-St Mamert pour relier Sommières à Fons, Alais, Uzès.
Les trains, tractés par les classiques locomotives "Mammouth" et "Bourbonnais" peuvent traverser St Geniès. Ils peuvent s'y arrêter.

En 1914, quatre omnibus relient chaque jour Sommières, cinq en été, assurant de bonnes correspondances vers Quissac et au-delà vers Alais ou le Vigan. Quant aux trains de marchandises, ils se formaient en fonction des wagons garés le long du quai.
En plus du matériel nécessaire à la circulation et aux arrêts, un "carreton" transporte les colis et la jeunesse pendant la voto ; une bascule donne le poids des colis et des voyageurs.
Une grue à manivelle de 15 tonnes en bout de quai charge les pieds-cent amenés par les charretiers Cou lougnon, Delon, Durand, Parat... Huc, Melin, Rouvière roulent les barriques.
Daniel Y. entonne les wagons-foudres pour les négociants en vin. Les propriétaires viennent y charger leur tombereau d'escoubilles de Marseille pour amender leurs vignes. Prémonition de l'actuelle décharge?
L'arrivée du train du soir était prétexte à une ballade jusqu'à la gare; on assistait à l'arrivée et au départ; on remontait au village avec les voyageurs.
Avant la nationalisation et la création de la SNCF (1 er janvier 1938), la desserte était assurée par un train léger à vapeur et quatre autorails.

Au printemps 1940, l'exploitation de la ligne est suspendue et ne reprendra sporadiquement qu'en 1941. Pendant l'été qui suivit, un train sanitaire de la Croix-Rouge bondé de malades et blessés de guerre a stationné deux jours durant en gare de St-Geniès, survolé par l'aviation italienne. Pendant les années sombres, on enregistrait des colis de provisions bien souvent détériorées arrivant de l'Aveyron ou partant vers les stalags. Les trains étaient rares; seuls les réquisitionnés pour garder les voies en voyaient passer à Valergues.

En 1944, des trains de marchandises lourds transitent par St Geniès car l'artère principale est bombardée. La ligne trafic voyageurs supprimée par l'occupant puis par incurie et pour satisfaire les intérêts des compagnies de transports routiers attendait en 1946 d'être réouverte. Elle le sera avec des autorails faisant deux mouvements omnibus quotidien jusqu'au printemps 1969. L'autorail véhiculera quelques abonnés : employés d'administrations montpelliéraines, étudiants et occasionnellement des passagers pour affaires diverses en ville. L'autorail que certains appelaient à tort "La Micheline" se remplissait les mardis à cause du marché aux vins, les dimanches pour une sortie de jeunesse: cinéma ou football au Pont Juvénal.
Le transport ferroviaire tomba en désuétude avec l'importance grandissante des transports routiers. Le trafic voyageur, concurrencé par les autocars et par les lois exigeant le transport des élèves jusqu'aux portails des écoles', n'était plus rentable, s'il le fut un jour! (de rares tickets étaient délivrés pour Sommières-Alès). A la date précitée, la fermeture des lignes au nord de Sommières modifie la physionomie du service.
La ligne exploitée pendant 88 années est moribonde. La salle d'attente, théâtre où se jouaient des saynètes de retrouvailles et de séparations, restera à jamais déserte à partir du 18 janvier 1970, fermeture au trafic voyageurs. Mme Fraisse, succédant aux chefs de gare Pels, Chazel, Laurent, Vernet, Aventurier... lèvera son drapeau pour la dernière fois le 5 janvier 1971, fermeture au trafic marchandises.
La SNCF déclasse la ligne le 26 juillet 1973, vend les bâtiments et des terrains. La Mairie achète dans un premier temps le quai marchandises et la grande aire attenante en 1985 où elle installe un container. Plus tard, elle acquiert la parcelle ombragée. La SNCF reste propriétaire de la trouée de la voie et de quelques arpents attenants pour une superficie de 10 ha 36.
En déposant les rails en 1980, une partie de la vie de St Geniès s'éteignait... pour renaître, qui sait?, mode XXlème siècle.

Dès 1989, le Conseil Municipal demande au Conseil Général de profiter de l'emprise de la voie pour étudier un moyen de transport rapide (se référer à la lettre publiée in extenso dans le Bulletin Municipal n° 10). Pour suite, le Conseil Général réfléchirait à la réouverture du tronçon ferroviaire Montpellier-Sommières (voir Bulletin Municipal n° 16). Espérons que les projets seront plus cohérents et réalistes, plus rondement exécutés que ceux relatés au début de ces pages.
La Communauté des Communes en gestation a prévu dans les actions de développements économiques une contribution à toutes les instances traitant de la mise en place de transports en commun. Peut-être les communautés riveraines de la ligne auront-elles avec leurs compétences une influence et un pouvoir qui permettront de ressusciter la ligne originelle!

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