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SAINT GENIES, UN EXEMPLE POUR LE BRESIL ?

FIN DES PAYSANS
FAIM DANS LE MONDE..

Ce titre d’un récent ouvrage de J.L. DUVAL (ancien Président du C.N.J.A) résume bien le thème d’une rencontre riche de promesses, tenue à Saint Geniès des Mourgues le 16 octobre dernier entre le représentant du Centre National des Jeunes Agriculteurs et une délégation brésilienne du C.O.N.T.A.G. (Confédération Nationale des Travailleurs Familiaux Agricoles).

St Geniès peut-il illustrer, à sa manière, la résistance des « petits » agriculteurs face aux effets de la mondialisation, aux grandes organisations internationales peu soucieuses de préserver les équilibres locaux ? La réponse est non seulement affirmative, mais elle est aussi concrète ; et appartient à deux Saint Genièrois dont l’engagement personnel est déterminant.

L’un d’eux, Augusto MORENO, chercheur au CIRAD et habitant de Saint Geniès, assume depuis plus de deux ans une mission de coopération au Brésil dont l’objet est de rapprocher les petits producteurs et les producteurs familiaux de leurs homologues français. En cours de recherche d’éléments –via Internet- pouvant contribuer à son action ; il découvre les prises de positions, les déclarations dans la presse, les actions du nouveau Président du Centre National des Jeunes Agriculteurs, lesquelles recouvrent parfaitement la problématique auquel il est confronté. De ce fait, la nécessité d’une rencontre entre représentants du CONTAG et de CNJA lui apparaît impérative.

Contact est pris – vous le deviniez- avec Jerôme DESPEY, Président du CNJA et jeune viticulteur à Saint Geniès. Lequel a non seulement été séduit par ce rapprochement, mais suggère que le terrain soit son village…

Accueillis par la Municipalité et la Cave Coopérative de Saint Geniès des Mourgues comme ils savent si bien le faire, les protagonistes ont pu exposer leurs positions respectives.

La délégation brésilienne (CONTAG) résume son action en trois points vitaux :
- lutter pour la défense des petits producteurs agricoles, qui doivent pouvoir vivre de leur travail en toute indépendance,
- attirer et retenir l’attention des pouvoirs publics sur le fait que le Brésil possède suffisamment de ressources et de moyens naturels pour pourvoir à l’alimentation de sa population.
- Mettre en place des échanges commerciaux directs et maîtrisés.
Le contact avec le CNJA lui semble, à ces titres, particulièrement prometteur.

Jerôme DESPEY, de son côté, relève la grande convergence de l’action avec celle du C.N.J.A.. Car pour les 55 000 jeunes agriculteurs qui lui font confiance quelques fait sont incontournables :
- il est paradoxal que, dans le monde, de plus en plus d’agriculteurs (les petits surtout) en arrivent à mourir de faim..
- la France ne compte plus que 600 000 agriculteurs (sur 2 millions), laminés par une politique agricole imposée et qui semble les ignorer, et une baisse des prix quasi-continue.
- Un pays ne peut exister sans paysans.
Devant une délégation brésilienne très attentive, Jerôme DESPEY à résumé les grandes lignes de l’action du CNJA, comme l’aide à l’installation des jeunes agriculteurs sur l’accession au foncier ou sur les investissements.
Mais surtout, il décline les composantes de sa phrase-étendard : « vivre de son métier, ici et maintenant « C’est à dire sortir du mécanisme infernal prix/subvention en redonnant une valeur de juste rémunération à l’acte de production. Aussi, lutter contre l’ultra libéralisme et réagir à l’encontre des grands Etats qui subventionnent leur agriculture pour mieux la protéger, au mépris d’accords internationaux, peser sur les grandes organisations internationales.
Pour mieux prendre en main leur destin, les membres du CNJA veulent apprendre à maîtriser les grands facteurs de production – qualité – prix – environnement – adaptation à la demande – connaissance du potentiel de production … ceci au travers d’ensembles régionaux cohérents.

Sachant aussi que face à des enjeux internationaux les jeunes agriculteurs ne peuvent rester isolés ; d’autres thèses doivent être écoutées, d’autres moyens examinés, des actions communes envisagées.

Cette orientation se concrétisera en juin 2003 par l’organisation d’un Congrès Mondial des Jeunes Agriculteurs, à Paris, qui réunira quelques 156 pays sur des thématiques précises.

Sur ce terrain, répondant au souci de la délégation brésilienne d'organiser et d’approfondir des échanges, Jérôme DESPEY les invite à cette manifestation.

Représentant le Président du Conseil Général, M. CASTET, également présent à cette réunion, insiste quant à lui sur l’importance d’avoir des racines bien ancrées pour devenir un citoyen du monde conscient et responsable. Des traditions comme « pierre, vignes et vin » très vivaces au niveau du canton, se révèlent être un excellent terreau pour des hommes responsables.

La visite de la cave coopérative de Saint Geniès et la présentation de ses principes de fonctionnement, par son Président Paul DESPIOCH a pu démontrer que les idées développées par le Président du C.N.J.A. n’étaient pas des utopies, mais trouvaient dès à présent des applications concrètes au bénéfice de ceux qui voulaient prendre le risque de les mettre en œuvre.
Vous avez dit Saint Geniès un exemple ?

Joignant le verre à la parole, la cave coopérative "les Coteaux" et son équipe, a su démontrer que l’action débouchait (comme les bouteilles…) sur des produits dignes de participer à des échanges de haut niveau, autour d’un splendide buffet particulièrement représentatif d’autres produits régionaux. D’ailleurs, sans attendre une organisation probable mais future, quelques cartons feront le voyage retour vers le Brésil.

La délégation brésilienne, composée de 7 hautes personnalités, parmi lesquels Flores MURILO le Président du Conseil National du Developpement Rural Durable, le Vice-président et le secrétaire général de la confédération Nationale des Syndicats de l’Agriculture Familiale, s’est déclarée très sensible à l’accueil chaleureux, à l’intérêt qu’elle a suscité, tout en précisant que ce contact aurait forcément des prolongements ; tant est profond le désir de développer ces actions au bénéfice des petits exploitants, qui veulent simplement vivre de leur travail sans se soumettre, sachant aussi le bénéfice que pourrait en retirer la collectivité à laquelle ils appartiennent.

Par une conclusion, en forme de clin d’œil, Augusto MORENO, à l’instigation de cette rencontre, a expliqué à Jérôme DESPEY – preuve à l’appui – qu’il avait été, en son temps d’études, stagiaire de Michel DEBATISSE, ex Président de la FNSEA et ancien ministre.
Voulait-il dire que l’histoire pouvait repasser ?
Saint Geniès des Mourgues serait décidément un très bon terroir !
Pour W'Hebdo J.P.

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