Festival
pyrotechnique, jusqu’à mercredi, sur le littoral agathois
Dolores va mettre le feu
Chef de tir, l’Héraultaise dirigera le feu d’artifice
du 14 juillet, dans le port du CAP
Sur de longues barges en bois, amarrées à l’avant
port du CAP d’Agde, six ou sept gars s’affairent. Les
mains dans des tubes faits de carton roulé ou de plastique.
Larges ou moins larges, tous sont rangés dans des caisses.
L’ouverture unique pointée vers le ciel.
Et sur ces barges, il y une femme. C’est Dolores AZCONA-MAS.
Une pochette à la main. Et des papiers à l’intérieur.
Classés. Avec comme premier feuillet, le plan de tir du feu
d’artifice qui aura lieu le 14 juillet, dans le port du Cap
d’Agde. Et ce plan de tir, c’est Dolores qui l’a
pensé. Car elle est chef artificier.
« Je suis chef de tir et du chantier ; explique Dolores AZCONA-MAS.
Pour l’instant, les tubes sont vides. Nous placerons les bombes
à l’intérieur, le jour du feu d’artifice.
Ici, c’est un gros chantier difficile à mettre en place
à cause des barges. »
C’est donc elle qui déclenchera, mercredi soir, le feu
d’artifice. Depuis les valises de tir, « où tout
est actionné par allumage électrique », elle pressera
les boutons. Déclenchera, à son rythme, les lumineux
projectiles dans le ciel agathois. Pas d’essai préalable.
Alors « pas le droit à l’erreur. »
Surtout qu’il faut prendre en compte « la distance du
public. » Mais le réel danger, « car on risque
l’explosion », est surtout pour elle et ceux qui l’accompagnent.
Qui placent les objets là où elle le souhaite, en fonction
des croquis qu’elle a dû penser. Piocher dans sa matière
grise un spectacle dont elle palpe l’imaginaire, les couleurs.
Et qui inondera les rêves des bambins si les larmes n’explosent
pas au bruit des pétards. Il faut croire que la Nantaise d’origine,
de 46 ans, a, elle, toujours gardé un bon souvenir de ces nuits
d’étés peintes de la palette d’un artificier.
Lui qui, à son image, a passé des centaines d’heures
à élaborer ce type de tableau animé. Ephémère
mais indélébile.
« Je pratique cette activité depuis 7 ans, dit Dolores
Azcona-Mas, héraultaise depuis 20 ans. A l’époque,
je faisais partie d’une petite association à Saint Geniès
des Mourgues. J’ai proposé d’organiser un feu d’artifice,
mais nous n’avions qu’un budget de 3000F (450€).
J’ai rencontré Pierre Cazeaux qui m’a fait un cadeau
en me proposant un feu d’artifice merveilleux et une formation.
»
Ancien responsable de la société PYRAGRIC, partenaire
du Festival pyrotechnique d’Agde, organisé jusqu’au
mercredi avec l’office du tourisme, Pierre Cazeaux a permis
à Dolores de se former. Cette dernière a transmis sa
passion à son fils Benjamin, également présent
sur le pont du 14 juillet. « Les artificiers présents
sont des Saint Générois : Benjamin BUREAU, Benjamin
LACROIX, Romuald et Florian LEPINE, Mounir HOUMANI et un Montpelliérain
Olivier ROSSO. »
Mais c’est elle qui mettra le feu aux bombes qu’elle a
commandé à un laboratoire spécialisé.
Des papillons sortiront alors de leur cocon de poudre. Des tournesols
aussi. Dans une atmosphère aux couleurs de la République.
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