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abbé Jean ISSERT
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Ahmed ICHI est acquitté. Le mystère de la mort du Père ISSERT restera. Un procès qui était attendu par bon nombre de Saint Génièrois qui n’aura pas répondu à leurs interrogations voire inquiétudes, sur une affaire douloureuse survenue il y a six ans.

Ces lundi 17 et mardi 18 septembre 2001, la Cour d’assises de Montpellier avait à se prononcer sur la culpabilité ou non de Monsieur Ahmed ICHI concernant le meurtre de l’abbé Jean ISSERT de Saint Geniès des Mourgues.

Dès les premières heures nous étions en compagnie de quelques Saint Genièrois dans la salle d’audience, Présidée par Monsieur RAYNAUD, pour assister aux débats.

Nous avons ainsi pu participer à la réunion préparatoire et de formation des jurés et un rappel que le droit français ne fait pas obligation de preuve mais d’intime conviction.

L’ouverture de la cession commence par la nomination des jurés, les avocats de la défense, commis d’office, Maître Alain OTTAN et le bâtonnier Jacques MARTIN par le Président DUCHEMIN au nom de la Convention européenne des droits de l’homme, usaient de leur droit de révocation concernant 5 personnes. Les jurés au nombre de 9 composés de 2 femmes et 7 hommes plus un suppléant étaient appelés à siéger.

Sur le banc de la partie civile Maître ISSERT neveu de la victime et Maître Gérard CHRISTOL n’useront pas de leur droit de récusation.

Le procureur Patrice COURSOL représente le Ministère public.

Ahmed ICHI, présent dans le box, avec à ses côtés un infirmier psychiatrique restera durant les deux jours sans expression comme étranger à l’assistance, se contentant de clamer son innocence et de nier parfois ce qui semble être l’évidence. Il ne se souvient de rien hormis le dimanche 25 juin date à laquelle il part à Valenciennes. Il semble que sa santé mentale soit défaillante, placé depuis quelques mois dans une Unité pour Malades Difficiles à Sarreguemines.

Les témoins cités se succèderont durant deux jours à la barre, l’affaire remontant à six ans, certains sont décédés, d’autres reviendront sur leurs témoignages pourtant accablants.

Les avocats de la partie civile, ont tenu à rendre hommage au Père ISSERT, sans occulter les petits secrets exposés lors des débats, qui l’entouraient. Un prêtre qui souhaitait « la fraternité » et « qui avait la force, de grandeur et de truculence pour pardonner à son meurtrier ». Gardant le souvenir de ce que l’homme et l’abbé ont apporté au village.

L’accusation, par le procureur de République soutient que l’accusé se trouvait bien à Saint Geniès des Mourgues à la date du meurtre avec pour mobile l’élément soutenu par l’accusation le refus de l’abbé pour aider à régulariser la situation en France d’Ahmed ICHI, il conclut en requérant 20 ans de réclusion.

Les plaidoiries se terminent par la défense, Maître OTTAN et MARTIN, avec « talent », des envolées verbales et gestuelles à l’adresse des jurés, après avoir hésité à demander une expertise médicale à l’audience, demandent l’acquittement au nom de la présomption d’innocence qui doit bénéficier à tout accusé, il n’y a ni preuves, ni aveux et soutiennent que de nombreuses pistes ont été abandonnées, en insistant sur les failles de l’enquête. Le parallèle avec l’affaire Omar RADDAD, marocain comme l’accusé, jardinier, comme l’accusé, l’erreur judiciaire sous-jacente qui pourrait planer sur une condamnation d’Ahmed ICHI. « Mieux vaut libérer un coupable, qu’un innocent en prison ». « Ce soir ma conscience sera en paix, je souhaite qu’il en soit de même pour vous » étaient les derniers mots à l’adresse de la Cour.

Après trois heures de délibéré, le Président RAYNAUD à la question Ahmed ICHI est-il responsable du meurtre de Jean ISSERT, la réponse est non, s’adressant à l’accusé « Monsieur ICHI vous êtes libre ». Celui ci resta impassible comme tout au long de ces deux journées.

Une émotion contenue régnait dans la salle d’audience, l’issue du procès ne permettra pas encore à un certain nombre de Saint Génièrois et amis, laïcs ou paroissiens, de faire le deuil de l’abbé ISSERT.

Ahmed ICHI est innocenté du meurtre. Le mystère de la mort de l’abbé Jean ISSERT demeurera. La page ouverte le 27 juin 1995 s’est refermée mardi 18 septembre 2001 à 21 heures 30.

C’était la première fois que j’assistais à une Cour d’Assises, j’en suis ressorti avec un certain malaise, un peu comme un néophyte assistant à sa première corrida, (la comparaison est issue de quelques propos échangés en fin de soirée avec Maître OTTAN durant l’attente du verdict, lui faisant part de mes émotions) se sera sans doute ma dernière expérience. Ce n’est pas le verdict qui est en cause, mais le sentiment que quelque soit la décision qui était rendue, le spectre de l’erreur judiciaire pouvait être envisagée.

Je m’interroge cependant sur l’impunité d’un accusé pour mensonges caractérisés au cours d’interrogatoires dans une salle d’audience, quand bien il est acquitté du motif principal d’accusation.

Ahmed ICHI a deux heures du matin était conduit à la Colombière, Montpellier. En situation irrégulière en France, une reconduite à la frontière devrait lui être notifiée… (D.M).

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