Saturargues Théâtre
: l'amour éternellement
Les acteurs de la "Troupe en
Chantier" étaient sur scène
L'Association municipale saturarguoise, a proposé un nouveau
rendez-vous théâtral. Un parcours différent
des séquences précédentes, ce qui
est une bonne chose pour découvrit les multiples facettes
de l'art des tréteaux.
La Troupe en chantier de Saint-Géniès des Mourgues
a présenté avec brio Les mendiants d'amour. Au travers
d'une galeries de portraits, de
situations et de scènes, elle nous emmmène dans un
curieux voyage. Celui de la quête de l'amour. Des mots, des
styles variés qui renvoient
à du plausible en concentré.
La timidité, l'ardeur exagérée, la sincérité,
le mensonge, le tragique, l'humour, l'amour triste et celui plein
de joie, tout défile. n y a aussi des
moments terrifiants, non pas comme dans un film fantastique, mais
par le fond. A l'image de ce couple-duo qui devient
trio, et dont la raison d'être est un cynisme qui fait froid
dans le dos, même caché par des lunettes noires. Au
bout du compte, un non-bonheur mal dissimulé par l'affirmation
soutenue par chacun des personnages que tout va bien. Autre moment
mémorable dans un autre registre. Ce repas d'amoureux timides
qui
accumulent, en mime, toutes les maladresses y compris au travers
des cadeaux qu'ils échangent. Puis, comme visiblement ils
n'arrivent pas à
communiquer tant leur envie d'y parvenir est forte, ils se lancent
dans une incroyable "danse des canards". Un exercice pas
du tout romantique, mais efficace. Désopilant. On le voit,
toute une palette de sentiments, de contradictions, défile.
Des tranches de vie servies par les sept acteurs qui composent plusieurs
rôles, dans une succession au rythme soutenu.
La pièce, suscite néamoins une interrogation. Le texte
de l'auteur, Gérard Levoyer, est précis, souvent décapant
ou tranchant. Mais quelle est la
part de ses observations et, peut-être, celle de son expérience
personnelle? Beaucoup de situations sont traitées comme des
semi-impasses. Emballée lors de la découverte du texte,
la troupe, malgré plusieurs tentatives, n'a pu joindre son
rédacteur. Elle aurait aimé échanger arec lui
sur le bien fondé ou non d'une interprétation cruelle
pour la gent féminine ou les messieurs quinqua.
La pièce outre de soulever ces questions, a bien amusé
l'assistance composée de cent trente adultes et trente enfants.
MIDI-LIBRE 20.01.04