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On dit que…LA
RUMEUR… |
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Jeudi 3
avril 20 h.30 à la bibliothèque municipale de St Geniès des Mourgues |
| Elle est sale, elle est
glauque et grise, insidieuse et sournoise, d’autant plus meurtrière
qu’elle est impalpable, on ne peut l’étrangler, elle
glisse entre les doigts comme la muqueuse immonde autour de l’anguille
morte. Elle sent, elle pue, elle souille, c’est la RUMEUR.
Répondez-moi franchement : est-ce que, oui ou non, j’ai l’air contagieux ? (toussotements). Pardon. Je vous pose la question parce que le bruit court que j’ai le sida. Ca m’est revenu de la bouche d’un pédé, le bruit, pas le sida. Ca m’est revenu de la bouche d’un pédé qui le tenait d’un autre pédé, le sida, pas le bruit. Ce garçon, le pédé de la bouche duquel m’est revenu le bruit, m’a dit que l’autre garçon, le pédé qui avait refilé le sida au pédé par lequel m’est revenu le bruit, lui avait dit que Rika Zaraï, (Rika Zaraï qui est actuellement avec Le Pen, mais ne le répétez pas), donc il lui avait dit que Rika Zaraï racontait partout que j’avais le sida. C’est dégueulasse, non ? C’est dégoûtant. Dieu m’embrasse, si possible pas sur la bouche, on ne sait jamais. Eh bien, c’est la rumeur. La rumeur c’es le glaive merdeux souillé des germes épidémiques que brandissent dans l’ombre les impuissants honteux. Elle se profile à peine au sortir des égouts pour vomir ses miasmes poisseux aux brouillards crépusculaires des hivers bronchiteux. Elle nous dit, rappelez-vous, que les Pompidou sont d’inquiétants paillards, que la chanteuse Sheila n’est pas une femme, que Simone Signoret n’est pas capable d’écrire ses livres toute seule. Plus menteuse que la rumeur, tu meurs. Mais elle s’en fout, elle a éjaculé son venin répugnant jusque dans Orléans, ou des hyènes anonymes susurraient naguère sans frémir, que les femmes entraient dans certains magasins tenus par les juifs de la ville disparaissaient à tout jamais vers d’introuvables bordels orientaux. Et puis, comme le monstre du loch Ness, la rumeur fait son rot et retourne à sa vase. Hier matin, j’ai cru la voir relever le groin. J’ai entendu un amuseur dominical notoire, à qui, par parenthèse je dois beaucoup, j’ai entendu cet homme suggérer en public que Guy Bedos était très méchant, qu’il n’avait aucun talent et, tenez vous bien, qu’il perdait ses cheveux. Bon, je ne fais pas de la radio pour défendre les gens que j’aime contre les piqûres de moustiques, ils savent très bien où est le D.D.T. Mais qu’on me permette ici de m’étonner qu’on touche à mon pote avec une telle désinvolture. Car, enfin, ce n’est un secret pour personne que Guy Bedos, qui est mon copain, fait rire et réfléchir la France à guichets fermés depuis 20 ans. S’il n’avait aucun talent, ça se saurait à Barbizon ; s’il perd ses cheveux, je puis témoigner sous serment que ce n’est jamais dans ma soupe et s’il est très méchant, si Guy Bedos est très méchant, je vous jure que ce n’est pas dans ses yeux ; mes enfants qui sont petits vous le diront. Mais, vous savez, moi aussi si je veux, je peux ébranler des certitudes et susciter des suspicions. Figurez-vous qu’à ce qu’on raconte…j’ose à peine vous le répéter tellement c’est incongru, tellement c’est bas ; il paraît…il paraît que Jacques Martin est un brave homme. Pierre DESPROGES.
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