Gardarem Saint-Geniès
communique : " Une lettre ouverte a été adressée
aux élus des communes adhérentes au syndicat "Pic
et Etang" concernant un avenant au contrat de délégation
de service public pour l'incinérateur de Lunel-Viel, qui
fait la part belle au groupe Suez Lyonnaise au détriment
du citoyen contribuable. Voir la lettre en question qui dénonce
cet avenant."
Incinérateur
de Lunel-Viel : AVENANT N° 10 au contrat
Lettre ouverte aux élus des communes adhérentes au syndicat
« Entre Pic & Étang »
Le contrat de délégation
de service public, pour cet incinérateur de 120 000 T/an
prétendu « high-tech », lors de sa signature,
le 1er février 1995 par le Syndicat « Entre Pic &
Étang », a bénéficié depuis de
10 avenants. Ce contrat, déjà très avantageux
pour le Groupe Suez Lyonnaise, devint encore plus avantageux par
les avenants successifs signés par le Syndicat en faveur
du délégataire. Plus particulièrement, l’avenant
N° 10, signé début février 2008, comporte
de nouveaux avantages injustifiés au bénéfice
exclusif de l’exploitant et au détriment des citoyens
contribuables. Ceux-ci ont donc le très discutable honneur
de contribuer à la prospérité éhontée
de cette multinationale qui curieusement affiche en bourse de faramineux
bénéfices. Nous sommes tellement naïfs que nous
N6924Csommes incapables d’imaginer quelles sont les motivations
réelles de ce Syndicat !
L’avenant N° 10 concerne, notamment, des travaux de mises
aux normes qui auraient dus être effectifs dès le 28
décembre 2005, mais qui ne le deviendront qu’en 2010
! Il s’agit de la suppression des rejets liquides du traitement
obsolète des fumées, demandée par le ministère
de l’Environnement depuis la fin de l’année 2000,
mais qui a toujours été reportée, car on nous
soutenait qu’aucune pollution n’était constatée.
Pourtant, ces rejets liquides sont très chargés en
sels et en polluants. Ils aboutissent, via le canal de Lunel, dans
l’étang de l’Or, milieu humide protégé
classé (ZNIEFF, ZICO, Natura 2000 et Convention de RAMSAR),
à raison de quelque 500 litres par tonne de déchets
incinérée. La demande du ministère ne sera
enfin satisfaite que 10 ans après avoir été
formulée, mieux vaut tard que jamais ! Pour ce faire, il
faudra au préalable démonter et évacuer les
réacteurs de lavages humides (qui n’ont que huit années
d’existence et qui ne sont donc pas encore amortis) et les
remplacer par des réacteurs secs. Cet avenant concerne également
la réduction des émissions d’oxydes d’azote
(NOx) en deux phases : une première phase à 200 mg
de NOx par Nm3 de fumée, puis une seconde à 80 mg.
Le Syndicat, sans doute expert en langue de bois, clame sans vergogne
que rien ne l’obligeait à effectuer ces travaux, mais
que c’est son souci constant d’être en avance
sur les futures normes qui l’a motivé, de façon
à mieux protéger ainsi la santé publique. Nous
ne doutons pas un seul instant de sa sincérité…
Ces travaux de plus de 9 millions d’€, seront entièrement
financés par le Syndicat sur une durée de 20 ans.
Le Syndicat en reversera le montant sous forme de « subvention
d’équipement » à son délégataire
! Pourtant, l’article 17 du contrat « mise en conformité
des installations » stipule : « Les travaux de mise
en conformité des installations avec des règlements
techniques et administratifs qui seraient publiés postérieurement
à la date de signature du présent bail seront financés
et réalisés par le preneur ». De même,
l’article 19-2 « Financement » précise
: « Le preneur assure le financement de l’unité
de traitement-valorisation, sans aucune garantie donnée par
le Bailleur (le Syndicat) (…) ». Nous rappelons ici
que les délégations de service public ont pour principe
fondamental un financement exclusif par le délégataire,
sans aucune garantie de la collectivité, car c’est
là leur principale raison d’être.
Le Syndicat, qui ne dispose pas de fonds propres, remettra obligatoirement
à charge de vos communes les remboursements des emprunts
qu’il devra assumer durant 20 ans, c’est à dire
bien au-delà de la fin de la délégation de
service public.
L’exploitant, quant à lui, bénéficiera
de très substantielles augmentations de ses charges d’exploitation
(donc de ses bénéfices !) et d’un nouveau traitement
de fumées qu’il pourra exploiter gratuitement jusqu’en
2019 avant de rendre les installations au Syndicat, alors que vos
communes seront contraintes de rembourser les emprunts jusqu’en
2029. Par ailleurs, le même Syndicat ayant accepté
de garantir les emprunts initiaux en lieu et place de son délégataire,
ce sont les citoyens qui continueront à prendre tous les
risques en cette affaire. Le Syndicat a accepté que les charges
de gros entretien et d’exploitation soient majorées
pour tenir compte des nouvelles installations à entretenir.(...)
Le syndicat rembourse également 300 000 € au délégataire
pour l’établissement du dossier de la nouvelle enquête
publique. Pourtant l’article 10 du contrat « Procédures
administratives » stipule : « Le preneur fera son affaire
exclusive de la demande et de l’obtention de toutes les autorisations
administratives nécessaires à la construction et à
l’exploitation de l’unité de traitement-valorisation
notamment au titre de l’urbanisme et de la réglementation
sur les installations classées ». Attendu que cette
nouvelle enquête publique découle de l’annulation
de l’autorisation d’exploiter de 1998, déjà
financée par le Syndicat et annulée par le Tribunal
administratif de Montpellier pour insuffisance de l’étude
d’impact concernant le traitement des mâchefers, on
ne voit pas pourquoi le Syndicat devrait vous faire payer les erreurs
imputables à son délégataire et, au surplus,
strictement mise à la charge de celui-ci par les clauses
mêmes du contrat !
Ces énormes avantages injustifiés accordés
depuis l’origine par le Syndicat au bénéfice
exclusif de son délégataire, résulteraient-ils,
au mieux, d’une incompétence récurrente ou,
au pire, d’une certaine forme de complicité occulte
restant à expliquer ?
Cette affaire, comme nous l’avions prédit, est un tonneau
des Danaïdes que les communes adhérentes sont condamnées
à remplir éternellement et en pure perte, certes par
l’aggravation des normes, mais encore bien plus lourdement
par la complaisance inexplicable du Syndicat envers son délégataire.
Nous nous étonnons également que lors de l’assemblée
syndicale du jeudi 7 février 2008 (où le quorum ne
fut atteint de justesse que grâce à 5 pouvoirs !),
les rares groupements de communes dûment représentés
aient accepté, à l’unanimité, ce dernier
avenant N° 10, pourtant si désavantageux.
Mesdames et Messieurs les maires et conseillers des communes adhérentes,
nous vous conjurons,(...) de défendre les intérêts
de vos concitoyens électeurs et contribuables, en demandant
l’annulation des clauses financières abusives de ce
catastrophique avenant N° 10. Nous tenons à votre disposition
les documents sur lesquels se fonde notre argumentation.
Signé : Les citoyens électeurs adhérents aux
associations de protection de l’environnement : APPEL, AMIES,
G.S.G, LVVV, UFC Lunel.
Président
: Yves SUZINEAU
Secrétaire : Christine PARIS
Trésorier : Michel JOUSSELIN
Adhésions-renseignements
au siège de l'association
607 avenue de Saint Brès - 34160 SAINT GENIES DES MOURGUES
Tel 04 67 86 25 64
ou Monsieur Michel JOUSSELIN 227 chemin des Olivettes - 34160 SAINT
GENIES DES MOURGUES Tel 04 67 86 24 69 portable 06 87 39 38 70.
Adhésions
: 10 €, à l'ordre de "Gardarem Saint Geniès".
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